Au Royaume-Uni, les ONG défendent la transition juste pour les ouvriers du pétrolier offshore

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L’industrie pétrolière et gazière de la mer du Nord est sur le déclin. Une bonne nouvelle pour la lutte contre le changement climatique, mais qui ne doit pas laisser les employés sur le carreau. Alliées aux syndicats, trois ONG font campagne pour que les gouvernements britannique et écossais organisent une transition juste, en permettant aux salariés de passer plus facilement d’un secteur à l’autre.

Les ONG anglaises s’inquiètent pour les personnes travaillant sur les plateformes pétrolières du nord du Royaume-Uni. Trois d’entre elles, Greenpeace, les Amis de la Terre Écosse et Platform, ont lancé une campagne auprès des sociétés pétrolières situées sur la côte écossaise. Selon un article du Financial Times, la filière de la production pétrolière et gazière emploie plus de 118 000 personnes au Royaume-Uni et certains bassins d’emplois dans le pays en dépendent tout particulièrement.

La branche britannique de Greenpeace explique que ce secteur est de moins en moins florissant. Le chômage commence à augmenter parmi les employés du pétrole et gaz et l’ONG déclare que l’utilisation des aides alimentaires se fait de plus en plus fréquente. Dans un petit film intitulé "Rigged : a worker’s story", avec un jeu de mot sur le mot "rigged" qui signifie à la fois "plateforme pétrolière" et "truqué", Greenpeace fait témoigner d’anciens ouvriers de l’extraction offshore à Aberdeen, dans le nord de l’Écosse.

Ils racontent à la fois la camaraderie présente dans le métier, mais aussi ses difficultés et, surtout, la nécessité de se reconvertir. Une histoire qui n’est pas inhabituelle pour Greenpeace, qui rappelle que, dans tout secteur, la transition écologique vers des activités bas carbone risque de laisser des employés sur le carreau.

Apprendre du passé

La campagne réalisée par les trois ONG vise justement à ne pas reproduire des erreurs commises dans le passé, où les employés n’ont pas été accompagnés. L’article du Financial Times fait justement la comparaison avec la disparition de l’industrie minière dans les années 80, "quand des communautés entières ont été dévastées par la fermeture des mines de charbon ou des aciéries". Les syndicats de l’industrie pétrolière et gazière se sont d’ailleurs associés à la campagne, soucieux que de nouveaux débouchés soient proposés à leurs membres.

D’autant que le passage vers des industries comme l’éolien offshore semble naturel. Des témoins du film de Greenpeace ayant opéré cette transition déclarent que les compétences requises ne sont pas si éloignées d’une industrie à l’autre. Elle nécessite néanmoins des formations, qui peuvent se révéler coûteuses. Selon une étude réalisée par les Amis de la Terre Écosse, Greenpeace UK et Platform, les salariés de l’industrie offshore doivent payer en moyenne 1600 livres (près de 1900 euros) par an pour obtenir les certifications nécessaires pour travailler dans l’éolien.

Les trois ONG, appuyées par les syndicats, demandent au gouvernement écossais et britannique de prendre des mesures pour permettre aux salariés du secteur pétrolier offshore de travailler dans les énergies renouvelables sans devoir payer de leur poche. Le gouvernement britannique a déjà mis en place un programme de transition au mois de mars 2021, le North Sea Transition Deal (Accord de transition de la mer du Nord). Il est insuffisant pour les ONG et les syndicats, qui appellent à créer un passeport de formation offshore, qui permettrait aux salariés de passer librement d’un secteur à l’autre avec des certifications standardisées.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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