Distribution

Et si les Français autoconsommaient

Un citoyen, un bâtiment, un quartier qui consommeraient directement l’énergie produite localement, photovoltaïque en tête. C’est l’idée qui monte pour mieux intégrer les renouvelables sans déséquilibrer le réseau.

Le débat national sur la transition énergétique l’a souligné : le déploiement des énergies renouvelables a beau être souhaitable, il pose, à court et moyen terme du moins, des problèmes pour leur intégration sur le réseau et la stabilité de ce dernier.

Pourquoi dans ce cas ne pas consommer l’électricité ou la chaleur produite de manière directe ou à proximité immédiate du lieu de production ? C’est l’une des mesures portées par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) pour porter la filière photovoltaïque en France.

Même si précise-t-il, « la logique de l’autoconsommation n’est pas la recherche de l’autonomie mais plutôt celle de s’inscrire dans l’infrastructure locale du réseau associant production photovoltaïque, gestion intelligente de la demande et stockage ».

Mais aujourd’hui encore, le système de tarifs d'achat de l'électricité photovoltaïque n'incite pas à l'autoconsommation. Il est en effet plus rentable de revendre la totalité de l'électricité produite et d'acheter l'électricité consommée au prix du marché de détail, nettement inférieur.

Le prix de rachat baisse régulièrement  c’est vrai : en juillet, pour le quatrième trimestre consécutif, les tarifs d'achat du photovoltaïque ont ainsi baissé de 4,5 % pour le résidentiel et de 9,5 % pour les bâtiments à autres usages et l'intégration simplifiée au bâti.

Mais pour passer du principe de l’autoconsommation à son développement sur le territoire, un coup de pouce semble nécessaire.

Trouver un modèle rentable et durable

Il faut d’abord trouver la bonne échelle pour commencer, le business modèle et définir un cadre juridique.

« Cela pourrait permettre une évolution vers un financement non subventionné du photovoltaïque devenu compétitif et de réduire la pression sur les réseaux, à la fois en termes d’investissement et de conditions d’exploitation », a affirmé le président de l’Ademe, Bruno Lechevin, le 28 mai, sous réserve toutefois de « trouver les bonnes incitations tarifaires et sans remettre l’équilibre de l’économie générale du système ».

Le SER évoque à ce propos deux mécanismes de soutien temporaires à l’autoconsommation mis en œuvre dans d’autres Etats : la prime au kWh consommé et le « net metering ».

Pour le premier, chaque kWh produit et immédiatement consommé donne droit à un bonus au producteur/consommateur, et ceux qui ne le sont pas sont injectés sur le réseau et rémunérés par un tarif spécifique.

Pour le second, le producteur/consommateur reçoit un crédit pour chaque kWh qu’il produit en plus de sa consommation propre. Si sa consommation est supérieure au nombre de kWh injectés sur le réseau, il paye les kWh supplémentaires consommés.

Pour l’heure, sans cadre, le SER estime que « le solaire photovoltaïque « autoconsommé » se développera en priorité sur des bâtiments présentant des courbes de charge particulièrement adaptées à cette forme de production d’électricité ». 

Des enseignes commerciales ou des locaux administratifs en somme, des bâtiments de « jour » où il serait possible d’autoconsommer la quasi-totalité de l’électricité produite, sans prévoir des transferts de consommation ou des dispositifs de stockage (bornes et véhicules électriques par exemple).

Mais demain, rappelle l’Ademe, « des modèles rapprochant production et consommation s’envisageront naturellement: ainsi par exemple, des bâtiments BEPOS (bâtiment à énergie positive) pourront fournir leur production excédentaire d’énergie à des bâtiments plus anciens, moins efficaces et ne disposant pas des surfaces nécessaires à l’implantation de panneaux photovoltaïques ». 

Publié le 23/08/2013 - 09:00 par Fanny Costes