Innovation

Aérovoltaïque : la France innove sur le solaire

Lauréate du trophée Territoire et innovation en 2012, la société Systovi, avec son invention baptisée R-Volt, tente de prouver que la filière photovoltaïque française a des atouts à valoriser. En crise depuis 2010, le solaire semble renaître de ses cendres.

Rénovation énergétique des bâtiments, nouvelles règlementations thermiques, la France et l’Europe ont fait de la question de l’énergie de nos logements un axe central d’action d’ici à 2020. Date à laquelle l’ambition affichée est celle de constructions à énergie positive. Pour répondre à ce défi, il faut donc interroger les solutions existantes et surtout innover.

La filière solaire française a des pions à jouer dans l’aventure, d’autant qu’elle tente de sortir d’une crise qui dure depuis 2010 et a bien failli l’achever. Une opportunité que veut notamment saisir une entreprise basée en Pays de la Loire, Systovi. Pas moins de 4 brevets ont été déposés pour ce qu’elle médiatise comme « une centrale aérovoltaïque unique au monde ».

Cette invention nomme R-Volt fait en effet de belles promesses. « Un panneau photovoltaïque génère trois fois plus de chaleur que d’électricité, mais jusqu’ici personne n’avait eu l’idée de l’utiliser pour les toitures intégrées au bâti », explique Vincent Arrouet, directeur marketing de Systovi. La particularité des toitures aérovoltaïques vendues par la société est donc de valoriser les deux faces d’un panneau solaire composé de matériaux classiques en sillicium cristallin : d’un côté de l’électricité est produite, et de l’autre une gaine emmagasine l’air chaud qui est ensuite filtré et assaini avant d’être insufflé dans l’habitation en fonction des indications d’un thermostat d’ambiance. Sachant que l’été, c’est aussi de l’air frais que le mécanisme peut diffuser.

Rappelons que la règlementation française impose que les panneaux solaires soient intégrés au bâti pour les particuliers, et pouvoir bénéficier d’un tarif de rachat de l’électricité supérieur à celui pratiqué pour les champs photovoltaïques, aujourd’hui fixé autour de 35 centimes le kwh.

L’efficacité affichée de R-volt pourrait bien convaincre les Français: « Il assure jusqu’à 50% de la couverture des besoins en chauffage pour une maison d’environ 120 m2 qui consomme 15 000 Kwh par an, et peut produire entre 3000 et 4000 KWh d’électricité, soit la possibilité de toucher entre 1000 et 1500 euros par an d’EDF pour la revente d’électricité », ajoute Vincent Arrouet. Avant de préciser : « on avance dans une logique d’indépendance énergétique pour les particuliers et à la faveur d’une production locale d’énergie ». Autonomie qui a un coût : à partir de 13 000 euros HT, installation comprise.

Et Systovi n’est pas la seule à promouvoir le photovoltaïque dans le bâtiment de demain. Une conférence se tiendra d’ailleurs sur ce sujet et sur ses perspectives franco-allemandes le 10 avril prochain, dans les locaux du Ministère du Développement durable et de l’Energie à La Défense.

Publié le 14/03/2013 - 14:20 par Fanny Costes