Innovation

Google : les envies d’énergie d’un géant numérique

Avec plus d’un milliard d’euros investis dans les énergies renouvelables, quelque 2,3milliards pour le rachat Nest Labs, et de ses thermostats connectés notamment, le géant du web Google confirme la thèse de Jérémy Rifkin pour qui « nouvelles technologies de communications convergent avec de nouveaux systèmes d’énergie ».

Le champion de la recherche sur internet n’a pas que les technologies du numérique en tête. Depuis quelques années, Google porte de plus en plus son attention sur les innovations énergétiques, énergies renouvelables et objets connectés en tête.

Première raison à ces investissements chiffrés en milliards, assurer la production verte d’énergie qu’il utilise tout en rendant sa consommation plus efficace et durable. En avril, par exemple, il a racheté Titan Aerospace, spécialiste des drones à énergie solaire. Ces milliers d’objets volants ont une autonomie de 5 ans grâce à de larges panneaux solaires déployés sur leurs ailes. Même si bien sûr, ici, l’usage servira le géant, pour donner accès à internet dans les zones plus reculées notamment.

Un traitement de données moins et mieux énergivore

Mais ce qui concentre la majorité de la gourmandise énergétique de Google ce sont ses datacenters, centres de traitement de données. La quantité de données à traiter grossit à mesure que la place du numérique grandit dans les usages quotidiens, et ce faisant, la consommation d’électricité s’accroît.

L’efficience énergétique de ses datacenters est donc au cœur des préoccupations du géant, d’autant que cette activité a provoqué l’émission d’1,6 millions de tonnes de CO2 en 2011. Et grâce aux bonnes pratiques mises en place, les datacenters Google seraient deux fois moins énergivores que la moyenne, selon un indice Power Usage Effectiveness de 1,14 contre 2,25 pour un datacenter traditionnel.

>> En vidéo : Les datacenters se mettent au free cooling

Mais pour aller plus loin dans sa stratégie verte, Google, comme les géants informatiques Microsoft et Apple, s’est engagé dans l’investissement dans les énergies renouvelables pour, notamment, alimenter ses datacenters.

Plus d’un milliard d’euros ont d’ores et déjà été investis dans l’éolien et surtout les installations solaires. En Finlande par exemple, 600 millions de dollars ont été consacrés à l’agrandissement de son datacenter à Hamina. Un centre qui dispose d’un système de refroidissement à l’eau de mer et prévoit de fonctionner à 100% à l’énergie renouvelable. Il est d’ailleurs présenté comme un des complexes les plus efficients au monde.

Diversification de ses activités de service

Et ces investissements servent aussi la firme américaine, qui diversifie ses placements et développe des nouveaux services. Fin avril, elle a ainsi annoncé avoir créer, avec SunPower (branche solaire de Total) un fonds d'investissement doté de 250 millions de dollars – 100 millions venant de Google et 150 millions de SunPower – destiné à financer les systèmes photovoltaïques résidentiels.

En pratique, l’initiative consiste à acheter et à installer de panneaux solaires sur les toits de maisons, et à les louer aux propriétaires pour un montant inférieur à leur facture d'électricité. Les particuliers puissent bénéficier immédiatement de l'énergie solaire sans avoir à supporter le coût de l'investissement initial. Les particuliers habitants les 20 000 maisons américaines déjà équipées de panneaux et les dizaines de milliers d’autres attendues n’ont ainsi pas à supporter le coût élevé de l’installation.

>> Lire aussi : L'énergie devient interactive

A ce 16e investissement dans les énergies renouvelables, et 3e dans le solaire résidentiel, Google a ajouté 2,3 milliards d’euros pour acquérir la société NetLabs. Une grosse opération, le troisième plus gros achat de son histoire, là encore vouée à étoffer son offre.

Car cette start-up américaine a particulièrement développé deux produits phares : un thermostat connecté à internet qui permet de contrôler en continu la température de son foyer sur son smartphone, et une alarme à incendie qui détecte la fumée et le taux de CO2 dans l'atmosphère.

La première application prouve combien Google croit dans le déploiement de technologies numériques vouées à la gestion et à l’optimisation énergétique. Et son implication grandissante dans le secteur de l’énergie prouve, au-delà de l’image, la théorie de Jérémy Rifkin selon laquelle « les grandes révolutions économiques de l’histoire se produisent quand de nouvelles technologies de communications convergent avec de nouveaux systèmes d’énergie».

Elle semble aussi coïncider avec ce qu’il déclarait dans les pages de Libération, en février 2013 : « Créer un Internet de l’énergie pour transformer le réseau électrique centralisé actuel en une toile de micro-acteurs qui peuvent vendre et acheter leur électricité grâce aux technologies de l’information ».

Fanny Costes

ET AUSSI...

- Des panneaux solaires sans apport financier

- Smartphone, Internet, dangereuse gourmandise énergétique?

- En vidéo : Watt & Moi, une consommation d'électricité passée au peigne fin

Publié le 15/05/2014 - 15:15 par Rédaction