L’Opep en désaccord, le prix du pétrole flambe

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Jusqu'où monteront les prix du pétrole ? Le brent, qui au début de la pandémie avait chuté sous les 20 dollars le baril, a dépassé ce mardi 6 juillet, les 76 dollars. Un niveau qui n'avait pas été atteint depuis novembre 2018, dû à la reprise économique qui s'avère plus vigoureuse que prévu. "Les stocks de brut sont désormais en dessous du niveau d'il y a dix-huit mois, quand la crise sanitaire n'avait pas commencé", indique Ahmed Ben Salem, analyste à Oddo BHF. Les pays producteurs de l'Opep et la Russie devaient se réunir début juillet pour trancher. Soit ils ouvrent davantage les vannes pour limiter la hausse des cours et préserver le pouvoir d'achat des consommateurs. Soit ils optent pour le statu quo, au risque de voir les prix de l'or noir continuer leur folle course vers les sommets. Problème : aucun accord n’a été conclu, notamment avec les Émirats arabe unis qui souhaitent augmenter son quota de production. Pire encore, les membres de l’Opep ont annulé leur entretien de ce lundi 5 juillet et aucune date de report n’a été décidée. Une situation qui pourrait accroître le prix du pétrole cet été.

Le marché est en plein flou. "Le baril pourrait renouer avec les 100 dollars…

mais aussi retomber plus bas", a estimé le 23 juin le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Ces derniers mois, l’Opep +, entité qui réunit les membres du cartel et dix autres pays, dont la Russie, ont plutôt bien géré le coup. En avril 2020, ils acceptaient de baisser de 9,7 millions barils leur production quotidienne. Les cours sont alors repartis à la hausse. Depuis, avec les bonnes nouvelles concernant les campagnes de vaccination massives, l’Opep + a revu sa position en injectant sur le marché des barils supplémentaires, 2 millions par jour pour la période de mai à juillet.

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Equilibre à 65 dollars

"Il est probable que les pays producteurs rajoutent un peu plus de pétrole à partir du mois d’août", estime Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques. "Leur intérêt est d’avoir des clients en bonne santé. Un prix du brut trop élevé, autour de 100 dollars, comme ce fut le cas entre 2011 et 2014, risquerait de mettre à mal la reprise". Pour les experts, le "bon cours" du pétrole tourne autour de 65 dollars. Un montant qui permet aux pays de l’Opep de boucler leur budget et qui n’incite pas trop les parties prenantes à accélérer vers la transition écologique et les solutions zéro carbone. Autre facteur baissier, la possible levée de l’embargo iranien, qui permettrait de rajouter 1,4 million de barils par jour sur le marché. Joe Biden n’y serait pas défavorable. Mais l’élection récente à la présidence de l’ultra­-conservateur Ebrahim Raïssi ne participe pas à l’apaisement entre Washington et Téhéran.

Il y a également peu à attendre des producteurs de pétrole de schiste américains. Laminés par la crise, leur priorité est de panser leurs plaies et de verser des dividendes à leurs actionnaires avant d’accroître leur production. Il en va de même pour les majors pétrolières. Elles ont réduit leurs investissements de 30 à 40 %. Et après avoir bu le bouillon en 2020, elles sont dans l’attentisme. La balle est donc toujours dans le camp de l’Opep. Avec près de 7 millions de barils supplémentaires, le cartel peut inonder le marché à tout moment.

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