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Areva défend son EPR

Le dôme de l'EPR a été posé avec succès, le 16 juillet, étape avant la mise en fonctionnement du site en 2016. Devant les critiques émises sur le surcoût de ce réacteur nouvel génération, le groupe nucléaire français a tenu, en fin d'année dernière, à rassurer. 

L’EPR est une technologie sûre, rentable et qui se vend. Tel a été en substance le message délivré par Luc Oursel, président du directoire d’Areva, et Philippe Knoche, directeur général délégué, le 13 décembre, lors d’une conférence de presse sur le fleuron technologique du groupe.

Ils ont ainsi réaffirmé leur objectif : décrocher 10 commandes d’EPR d’ici 2016. Et l’annonce des autorités de sûreté nucléaire britanniques qui a suivi semble aller dans leur sens. Elles viennent de valider la conception de l’EPR sur le site de Hinkley, « seul réacteur de 3ème génération à obtenir cette certification au Royaume-Uni », selon le groupe français.D’autres appels d’offres déjà ouverts ou prévus confortent Areva : les projets de 2 EPR supplémentaires en Chine, de 2 à 4 en Pologne ou encore de plus de 4 en Afrique du sud ont notamment été cités.

Luc Oursel a d’ailleurs poursuivi en affirmant que la volonté d’Areva était bien de créer un réacteur « de série » dont la particularité par rapport à ses concurrents et à leurs produits de 3e génération était qu’il bénéficiait de « retours d’expériences dans le monde et pas seulement en France ».

Aujourd’hui, « Areva n'a vendu que quatre réacteurs de type EPR dans le monde, les dernières commandes remontant à 2007. Il s'agit des réacteurs d'Olkiluoto 3 en Finlande, Flamanville 3 en France, et Taishan 1 et 2 en Chine », rappelle l’AFP.

Le retour d’expérience permettra d’abaisser les coûts

Quid alors du surcoût de 2 milliards pour la construction de l’EPR de Flamanville, en France ? Les dirigeants du groupe s’étonnent de tant de critiques et tempèrent les inquiétudes. « Flamanville et l’EPR finlandais Olkiluoto 3 (OL3) sont des têtes de série qui se sont lancées en parallèle et sans expérience antérieure », estiment-ils. Luc Oursel précisant d’ailleurs que le réacteur finlandais devrait revenir au même prix que celui de Flamanville, environ 8,5 milliards d’euros, alors qu’il était encore estimé, il y a peu, autour de 6,4 milliards.

"Nous, nous croyons toujours à ce produit", a assuré Luc Oursel, évoquant notamment la sûreté renforcée de l'EPR, qui a été confirmée par les évaluations après l’accident de Fukushima, sa longévité, le réacteur ayant une durée de vie annoncée de 60 ans, ou encore la réduction de 15% des besoins en uranium.

Et il détourne habilement l’attention sur les deux autres EPR en construction dans le monde, sur le site de Taishan en Chine. Là-bas, « le retour d’expérience a été fort », se félicite Luc Oursel. On apprend par exemple que la durée de construction entre « le 1er béton et la pose du dôme » a diminué de 50% entre l’OL3 et Taishan. Le budget prévu à l’origine est pour le moment respecté. Et le chantier est même plus avancé qu’en France. Le coût du MWh pourrait donc à terme être autour de 60 euros, contre les 70 à 80 euros de Flamanville.

Ambition confirmée donc pour Areva. Le groupe veut d’ailleurs aller plus loin et se dit « plus que jamais engagé sur ASTRID », le réacteur de 4e génération, selon les termes de Philippe Knoche. Impossible de savoir combien sa construction coûtera à l’avenir, mais le prototype prévu pour 2020 aura déjà coûté plusieurs centaines de millions d’euros répartis en l’Etat, le CEA et Areva. « La R&D a un coût important c’est vrai, mais en tant qu’entreprise de technologie, si nous n’investissons pas sur de nouvelles technologies, on sera orphelin dans 10 ans », conclue le directeur général délégué.

Fanny Costes

EN SAVOIR PLUS :

- L'avis d'expert de Bernard Bonin : "Inquiet pour l'avenir du nucléaire en Occident"

- ASTRID, le réacteur de 4e génération

 

 

Publié le 16/07/2013 - 10:05 par Fanny Costes