[L'industrie c'est fou] Symone, l'étonnant véhicule à hydrogène français qui veut décarboner les autoroutes

Il y a 1 année 613

Un moyen transport plus écologique, plus sûr et plus confortable pour emprunter les autoroutes. Telle est l’ambition de Symone. Basée à Dijon (Côte-d'Or), cette start-up fondée en 2020 a imaginé un autocar articulé roulant à l’hydrogène vert et capable de transporter à la fois des véhicules sur son toit et des passagers dans sa partie inférieure. Sur le papier et en images, le projet paraît insensé, surtout quand les contraintes environnementales commencent à sonner le glas de la voiture individuelle. Il a pourtant été mûrement réfléchi, assure Yoann Lacombe, directeur général et cofondateur : «Nous avons mené pendant deux ans des études d’impact environnemental, des études techniques, réglementaires. Le Centre national de réception des véhicules a validé notre projet, donc c’est un vrai travail de fond. Aujourd’hui le projet peut sembler ridicule, mais demain on nous prendra un peu plus au sérieux», ajoute-t-il, confiant.

Concrètement, pour emprunter une Symone (qui peut transporter cinq voitures ou quatre voitures et cinq motos), les utilisateurs devront réserver leur place sur une application mobile, puis rejoindre un péage où les attendra le véhicule. Ensuite, un chauffeur chargera leur automobile ou deux-roues dans la Symone et entamera le trajet. Côté prix, la société ne donne pas de détails mais fait une promesse : «Nous proposerons une offre au même prix que si vous preniez votre propre véhicule quand on raisonne en termes de coût réel. C’est-à-dire si vous intégrez en plus du péage et du carburant tout ce que vous coûte votre véhicule.»

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500 000 euros déjà rassemblés

Le projet a germé dans le cerveau des cofondateurs Romain Coispine et Yoann Lacombe il y a quelques années lors d’un retour en voiture d’un week-end dans le sud de la France. «Ça a été un peu compliqué entre la fatigue, les bouchons… On s’est tout simplement dit que ce serait génial si l’on pouvait se télétransporter jusqu’à Dijon», explique Yoann Lacombe.

Les autocars pourront accueillir jusqu'à 18 personnes © Symone

Les deux entrepreneurs, forts de leurs connaissances emmagasinées à la Jeune chambre économique de Dijon, où ils se sont rencontrés, intègrent alors l’incubateur régional DECA-BFC et planchent sur une étude de marché, un business model, rencontrent un expert-comptable et font valider leurs hypothèses. Au total, Symone a rassemblé 500 000 euros grâce à «des love money, des business angels, des chefs d’entreprise et une subvention de la région Bourgogne Franche-Comté à hauteur de 110 000 euros», raconte le dirigeant.

L’hydrogène décarboné, un carburant évident

Le choix de se tourner vers l’hydrogène décarboné pour alimenter son car lui paraît évident : «Aujourd’hui, c’est le vecteur d’énergie le plus propre et le plus abordable». De plus, il était inenvisageable de rendre le véhicule électrique car, en raison de son poids et de l’autonomie qu’il nécessite, les batteries auraient été très volumineuses et le temps de recharge trop long. «Un véhicule comme celui-ci se recharge en 15 à 20 minutes contre 1 heure à 1 heure 30 pour un électrique», estime Yoann Lacombe. Mais pour l’heure, les premières Symone rouleront au bioGNV «aussi propre et plus accessible» que l’hydrogène vert, selon le chef d’entreprise.

Y aura-t-il suffisamment de stations d’avitaillement en hydrogène pour que les Symone puissent faire le plein à l’avenir ? Yoann Lacombe et son associé ont ciblé et cartographié le développement de ces lieux pour s’en assurer. Ils prévoient de mettre en place dans un premier temps des trajets sur l’axe Paris-Lyon-Marseille car c’est «le plus dense aujourd’hui» et que des stations sont déjà présentes et opérationnelles dans les trois métropoles.

«Notre souhait c’est d’agir pour le bien-être de l’usager et de la planète», assure Yoann Lacombe © Symone

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 en ligne de mire

Pour l’heure, les deux entrepreneurs se concentrent sur une campagne de crowdequity (financement participatif par actions) qu’ils lanceront au printemps ou au mois de septembre et grâce à laquelle ils espèrent récolter entre 300 et 400 000 euros. Débutera ensuite la mise au point de leur prototype, qu’ils financeront avec des aides bancaires et des subventions. Symone est déjà entrée en négociations avec des constructeurs mais ne souhaite toutefois pas dévoiler leur nom à ce stade. Les dirigeants ambitionnent de mettre en circulation leur premier véhicule au moment des Jeux Olympiques de Paris 2024, pour montrer au monde entier «que c’est possible d’entreprendre en France».

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